[Californication] 101 : Pilot
Par La Sorcière, mercredi 31 décembre 2008 | Rubrique: Fourre-tout | 16 commentaires
Allez, j'ai besoin de me changer les idées, ce soir, et je suis sûre que vous en avez marre 1) d'attendre ma review de House qui ne vient pas 2) d'attendre ma review de Doctor Who qui ne vient pas 3) de bouffer du BSG à toutes les sauces. Eh bien moi aussi, alors ce soir, j'oublie tout ça et je vous parle un peu de Californication dont j'ai regardé les trois premiers épisodes pendant mes vacances.
A vrai dire, jusqu'à présent, ce qui m'avait le plus retenue de regarder cette série, c'était son titre. J'aime beaucoup les Red Hot Chili Peppers et je trouve ça un peu Vahiné c'est gonflé de reprendre le titre d'une de leurs chansons. Je sais que ça a fait pas mal de remous et ma foi... voilà, quoi.
Je suis sûre qu'il y aurait eu moyen de trouver aussi bien et plus original, mais je me souviens d'avoir lu il y a environ douze ans de ça que le groupe préféré de David Duchovny était les Red Hot... ceci explique peut-être un peu cela.
En parlant du Ducho, donc... fichtre ! A voir l'homme aussi à l'aise dans la peau d'un écrivain paumé et en pleine traversée du désert, on a presque envie de se demander où s'arrête la réalité et où commence la fiction... il est tellement plus vrai que nature que c'est troublant. Je l'ai aperçu producteur-exécutif et ça m'a laissée pensive.
Quoi qu'il en soit, il excelle littéralement et la série ne ressemblerait à rien sans lui. Il a un charme complètement ravageur avec sa voix languissante de Mulder ivrogne et shooté. Vraiment, les personnages dépressifs, ça lui va très joliment au teint.
Avec ça, des seconds rôles aux petits oignons, une bande-son jouissive, des dialogues dégueulant de vulgarité, de la mamelle et du cuissot à revendre, nom d'une pipe, c'est très divertissant, tout ça.
Tout commence par un songe. Hank Moody, car c'est son nom, se rêve à l'église, monologuant avec Dieu et négociant un regain d'inspiration. Il est écrivain et c'est la panne sèche.

Eh bien ce n'est pas encore cette fois qu'il va être exaucé puisque c'est une bonne soeur un peu chaude de la cornette qui vient lui proposer une tout autre activité.

Sister : What about a blowjob ?
Hank : A blowjob from you ?
Sister : Well something tells me it's not gonna suck itself, Hank.
Hank : Sweet baby Jesus... Hank is going to hell.

Voilà, on est tout de suite à l'aise.
C'est donc sous ce jour plutôt léger qu'on découvre notre héros. Un pur connard assumé. Et le pire, c'est qu'être un connard, ça l'éclate. Parce que c'est visiblement la seule chose où il excelle, présentement. Alors tant qu'à faire, autant l'être pour de vrai et attirer un maximum d'attention de cette manière, hostile, de préférence.
Autour de ce connard gravitent donc quelques personnages tout à fait sympathiques. Son ex, d'abord, qui m'a furieusement tapé dans l'oeil. Alors elle, elle est lumineuse. Totalement pas à sa place dans la ville putassière et superficielle qu'est L.A., pièce rapportée qu'elle est.
Cette brave dame n'a d'ex que le titre puisque visiblement, elle n'en a pas tout à fait terminé avec Moody qui tronche tout ce qui passe mais ne renonce pas à récupérer madame la mère de sa fille.

D'ailleurs, elle pourrait l'envoyer péter définitivement. Elle ne le fait pas. Conclusion ?
La fille, donc. Alors là, pareil. Personnage grandiose. Douze ans, cynique, perspicace, jette sur son père des regards remplis de mansuétude lorsqu'elle ne se fait pas ramener de ses bringues par la peau du cou. Il y a entre le père et la fille une relation qui s'annonce passionnante. Difficile avec un paternel pareil de ne pas être tentée de glisser sur la même pente, de goûter aux mêmes erreurs. Difficile aussi de ne pas faire un rejet face à tant de connerie. A douze ans, quand on est encore gosse, pas facile de trancher.
D'ailleurs, l'enthousiasme de Hank qui la soupçonne d'être lesbienne (?!) est très révélateur. Il n'a pas envie qu'elle suive son exemple, mais ne peut pas s'empêcher de faire étalage de ses petites affaires.

Bonne surprise également, Evan Handler. Alors lui, il est partout. Autrefois improbable époux de Charlotte York dans Sex and the city, le voilà agent de Hank. Et une fois de plus, il est plus que parfait. Tout auréolé d'une classe inédite. Forcément, à côté de l'autre qui se vautre en permanence dans sa muflerie, Harry Goldenblatt et ses fesses à l'air sur des canapés blancs, c'est la délicatesse incarnée.
Bref, l'agent, il s'amuse de voir son client et ami faire le con. Ca le désole, mais qu'est-ce qu'il est drôle, hein.

Et c'est aussi le confident.
Hank : I'm fine. I'm disgusted with my life and myself but I'm not unhappy about that.
Et puis alors... alors là... comment dire ? Si comme moi vous avez été étudiant dans les années 90, vous avez difficilement pu louper la série "Une nounou d'enfer". Ca fait quinze ans qu'on se tape les rediffs, alors avec un peu de chance, vous aurez reconnu la petiote toute mignonne avec ses anglaises, là, la benjamine de la famille. En tout cas, moi, je l'ai tout de suite identifiée. Alors je peux vous dire que la voir balancer ses nibards sous le nez de notre héros, ça m'a fait un choc, limite "oh my God, je ne PEUX PAS voir ça, elle a neuf ans !!!".
J'ai juste eu le temps de l'apercevoir en train de mettre deux pains à Hank ce qui m'a fait exploser de rire.

(Lui aussi, visiblement, ce qui le rend hyper craquant, en passant.)
Et bien sûr, cette jeune fille à la cuisse légère n'est autre que la fille du nouveau mec de sa nana. Et elle a seize ans.


Ah ben voilà, même quand il n'essaye pas, il se fout dans la merde !
Pour finir, j'ai trouvé très belle la dernière scène. Il y a de la grâce, là-dedans. Et "Rocket Man". Ca aide.

Espérons que Hank Moody ne remplira pas trop vite le vide de sa vie et le vide de sa page blanche. Ce serait trop dommage...



























































